Six mois d'aventures lors d'une expédition sur les traces de l'explorateur Henri Coudreau, 100 ans après son passage.
Un jour, par hasard, alors que je venais à peine de finir mon service militaire, je trouvais chez un bouquiniste un vieux livre poussiéreux de 1892, le tour du monde, un journal de voyage qui racontait les aventures extraordinaires du géographe et explorateur français Henri Coudreau. Je connaissais une partie des lieux qu'il avait visité sur le Maroni et j'avais vécu quelques aventures étonnamment proches à près d'un siècle de distance. C'est ainsi que naquit l'idée de partir sur ses traces...
Le départ
Monique, moi-même ainsi que bébé notre chienne partons tôt le matin de l'aéroport de Roissy. Nos compagnons de voyage sont avec nous depuis hier, Manu et Annie. Manu est originaire de la région parisienne. Il a un certificat de moniteur spécialisé dans le canoë. C'est sa première grande aventure. Annie est originaire des gorges de l'Ardèche. Le canoë, elle connaît ça. Elle le pratique beaucoup dans sa région et de plus elle revient d'un voyage aux États-Unis où elle a fait de la descente de rivière en kayak.
Le voyage commence bien. Le stress est avec nous. Nous avons un excédent de bagages énormes, et les fusées de détresse que Manu a apportées sont refusées dans l'avion. Nous attendons l'accord de la compagnie aérienne pour monter dans l'avion.
Cinq minutes avant le décollage, on peut enfin monter à bord.
Le voyage est long. Après 8 h 30 de trajet, nous arrivons enfin à l'Aéroport de Rochambeau. Il fait 35 degrés. Bébé, notre chienne est encore dans les nuages à cause de son somnifère, Annie la pose sur un des bagages. Elle tombe et se blesse à l'oreille qui saigne abondamment.
Laurent, l'éternel compagnon d'aventure, l'ami fidèle, nous attend à la sortie de l'aéroport. Hélas, il ne peut nous accompagner en expédition, son travail le retient, mais il se propose de nous héberger et de nous véhiculer.
Test des équipiers à Macouria
Nous arrivons à Macouria, une petite bourgade, située à environ une quinzaine de kilomètres de Cayenne. Pour tester la capacité d'adaptation de nos compagnons à la jungle et au stress, Laurent nous a trouvé un coin tranquille. Imaginez une forêt marécageuse pleine de bestioles et hostile à souhait. Nous sommes logés dans un ancien container posé sur un camion avec comme luxe suprême l'électricité et l'eau courante et bien sûr aucune commodité. Pour les toilettes, c'est dans la nature, dans la forêt. Bref, l'endroit idéal pour tester nos compagnons et leur donner un avant-goût de la jungle.
Pendant que les hommes nettoient un peu l'endroit et installent bivouac et hamacs, Annie et moi, nous partons pour la ville avec Laurent faire quelques courses.
De retour à la tombée de la nuit, nous avons le droit à la volée, une coutume locale qui veut que tous les soirs dés la disparition du soleil, des nuées de moustiques féroces et affamés se jettent sur tout ce qui vit. Malgré nos moustiquaires, en pleine nuit nous sommes réveillés par les moustiques qui s'infiltrent par on ne sait où ! Heureusement, nous avons des serpentins insecticides appelés ici Mosquitos qui nous permettent d'éloigner le gros de ces hordes d'insectes.
La première journée se passe en inventaire et entretient du matériel d'expédition. Notre chienne a du mal à se faire à cette chaleur. Elle reste souvent dans le hamac et se repose. Elle a des puces et j'ai oublié de lui acheter un collier. Et pour parfaire le tout, elle a attrapé une puce chique à un de ses patins. Il faut "l'opérer" avec une aiguille, désinfecter et percer la boule d'œuf qui ressemble à s'y méprendre à du pus.
Nous nous rendons au Lycée de Cayenne qui suit l'expédition avec d'autres lycées Français. Ce seront eux qui feront l'intermédiaire entre la France et la Guyane. Nous nous faisons regarder de travers avec notre chienne à la laisse. Ici, les chiens sont errants, malades, estropiés. La pauvre chienne a très soif et souffre de la chaleur. Souvent, on nous accoste et on nous demande combien on vend le chien. Il faut savoir qu'ici les chiens peuvent servir à la chasse, aussi bien pour rapporter le gibier que pour servir d'appât. Chaque jour, la chaleur se fait de plus en plus accablante. Le bus qui va à Cayenne part très tôt et les journées passées en diverses démarches administratives sont très longues.
Côté compagnons de voyage, rien ne va plus. Annie est allée plusieurs fois à l'hôtel. Ils trouvent la vie en forêt très stressante. Un voisin (à ma demande) a raconté à Annie d'horribles histoires de serpents... cela la tracasse énormément. Le risque de sortir à la tombée de la nuit pour aller faire ses besoins et de se retrouver face à face avec un serpent la terrorise. Les piqûres de moustiques s'infectent systématiquement et les plaies qu'ils occasionnent ne sont pas très esthétiques... elle se voit déjà défigurée !
Une anecdote qui nous marquera à tout jamais :
Christian a l'habitude de boire un thé le soir avant de se coucher. Le lendemain matin, Annie nous quittait très tôt pour aller en ville sans prendre le petit déjeuner avec nous. Christian trouvait bizarre que la casserole de thé fût remplie chaque matin alors qu'il l'avait partiellement vidée le soir avant.
Le soir suivant, il boit son thé et se couche. Mais il ne dort pas. Il attend.
Il entend alors quelqu'un sortir d'un hamac. C'est Annie.
Elle fait son petit besoin dans la casserole !!!
Le lendemain, elle part en ville très tôt pour ne surtout pas avoir à boire dans nos casseroles..... Nous avons essayé de lui expliquer en vain que nous n'avions pas la même notion de l'hygiène et que la peur n'excusait pas tout... Annie était tellement terrorisée par ce mode de vie tropical, qu'elle nous a quittés au bout d'une semaine.
C'était le but de ce petit séjour dans un endroit en réalité très relax, à quelques moustiques prêts, et où le seul risque encouru était imaginaire.
Comment aurait-elle réagi en forêt en situation d'urgence ? pouvait-on lui faire confiance ?
L'équipement
Depuis Paris, nous avons trimballé avec nous quatre cents kilos d'équipements divers. Seuls les bâches plastiques, les vivres et les machettes ont été achetés sur place en Guyane. Nous avions prévu du matériel pour quatre personnes. La défection de nos équipiers nous a obligés à nous alléger et nous avons pu laisser l'excédent de matériel à Macouria. Malgré cela, nous étions surchargés... Nous voulions faire un peu de prospection aurifère pour nous distraire et nous avons du abandonner notre motopompe, nous avons par contre gardé la batée.
Le bateau
Kayak de mer bi-place pliant :
Marque : Klepper type Aerius II Quattro
Le matériel
- Matériel de sécurité
Lors de cette expédition, nous avons :
Et surtout vécu 6 mois d'aventures extraordinaires que nous vous raconterons lors d'une de nos conférences.
Remonté d'un saut à la cordelle.

Un orpailleur construit sa barge

Encore et toujours, une remontée de saut à la cordelle.

Un énorme anaconda prend le soleil sur l'arbre mort.

Salades coumarou en fleurs

Un hélicoptère transporte le matériel d'une mine d'or.

Passage de saut sur l'Oyapock.

Village Oyampis sur le Haut Oyapock

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