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Aventure en Guyane
à l’époque où la jungle était intacte

10 ans de vie de Robinson en Guyane à une époque ou la Jungle était encore intacte et témoignage sur sa destruction.

Opération ’’Camp caïman’’

Où comment la réussite d’une mission périlleuse à Camps Caïman, suivie d’une situation de survie non prévue, nous vaut l’animosité de notre commandement ce qui nous conduit dans d’infâmes marais à la recherche d’un avion disparu...

Article mis en ligne le 26 juin 2016
dernière modification le 28 juin 2016

par Christian Voillemont
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Opération Camp Caïman

Nous devons partir en manœuvre attaquer le Camp Caïman, sur la piste de kaw. À l’époque, c’était un ancien camp du BRGM (bureau de recherche géographique et minier) abandonné. Nous devons partir de la route de l’est, traverser la jungle à pied, puis le fleuve comté à la nage, re-jungle et en arrivant par le placer trésor, ma section attaque un dépôt d’essence sur la route du dégrad Lalane. L’opération c’est bien passée. Avec quelques compagnons, j’ai fait diversion en pillant les cuisines adverses alors qu’une réception était en préparation et grenadé la Jeep du lieutenant-colonel qui était à la fois arbitre, observateur neutre et frustré d’un bon repas... permettant ainsi au gros de la troupe d’accomplir leur mission sans coup férir.
Ayant à la fois la victoire et l’animosité de notre commandement, nous repartons en sens inverse, fuyant nos adversaires.

Après avoir traversé la Comté, il nous reste au maximum un jour de marche et nous arrivons aux camions. C’est là que l’aventure commence vraiment. Nous sommes incapables de retrouver le layon que nous avons tracé à l’aller. Une pluie diluvienne s’abat sur nous, notre radio ne fonctionne plus qu’en réception et pour compléter le tableau nous avons épuisé nos vivres. Il semblerait que nos boussoles soient perturbées et manque de fiabilité. Je ferme la marche et j’ai l’excellente idée de ramasser une tortue. Une superstition locale voudrait que ramasser une tortue dans ce genre de circonstance, nous fasse nous perdre. En effet après quelques heures de marche, c’est officiel nous sommes perdus ! Nous devrions être au camion, ou du moins avoir croisé une piste. Et là rien !

Les Guyanais puis les Antillais sont persuadés que c’est de ma faute, à cause de la tortue. Ma vie est menacée, mais ce soir-là, je suis le seul à manger... la tortue. Beaucoup ont du mal à supporter cette épreuve moralement et certains s’évanouissent d’épuisement. Heureusement, le lendemain nous retrouvons notre chemin et les véhicules. Hélas, notre joie est de courte durée, nous apprenons que nous partons immédiatement à Régina rechercher un avion qui s’est écrasé on ne sait où et dans lequel quelques hauts fonctionnaires avaient pris place. Nous débarquons donc surchargés par notre équipement de combat à Régina. Nous passons la nuit couché sur des tas de planches dans une scierie. Heureusement, les gendarmes acceptent de recueillir notre armement et c’est d’un pas plus léger que nous montons dans les pirogues.

Recherches à Régina

Nous apprenons, alors que nous voguons sur l’Approuague que nous devons ratisser une zone de 16 kilomètres carrés de forêt marécageuse à l’embouchure de la crique Landau. À ce que l’on dit, la légion a refusé d’y aller, trop insalubre ! Nous installons notre campement sur une sorte d’île entourée de deux criques au milieu du marais.

À marée haute, l’eau affleure le sol et très vite le camp se transforme en bourbier. Pour faire du feu, nous devons construire des caissons surélevés, les remplir de terre glaise. Ainsi surélevés, les feux ne s’éteignent plus à marée haute. Pour partir sur les zones de recherche, nous avons à traverser la crique. Une liane providentielle nous permet de résoudre le problème. Comme Tarzan, deux fois par jour, à tour de rôle nous nous balançons d’une rive à l’autre. C’est à chaque fois un moment de franche rigolade, car les chutes à l’eau sont nombreuses et souvent hilarantes.

Pour les recherches, nous nous divisons en trois colonnes espacées d’une dizaine de mètres et nous ratissons méthodiquement le terrain à la recherche du moindre indice de l’accident. En pure perte. Lors de nos recherches, nous sommes épiés par un énorme puma, nous le voyons à plusieurs reprises et la nuit il rode autour du campement en poussant des cris sinistres qui pourraient ressembler à des pleurs de bébé. Les superstitieux, terrorisés pensent qu’il s’agit d’esprit et passe les veillées à chanter et à taper dans des gamelles. L’ambiance se dégrade et les plus faibles craquent nerveusement. Malgré tout, nous ratissons le marais avec dés fois de l’eau jusqu’à la poitrine. Au bout de quelques jours, nous achevons notre travail et les pirogues viennent nous prendre. Même les plus forts d’entre nous pleurent de joie, le cauchemar est terminé. Pas tout à fait, car nous allons faire des recherches dans des montagnes, en vain.

Mes aventures auraient pu s’arrêter là à cause de la panique d’un gradé. Au retour d’une journée de recherche, notre groupe a perdu le layon. Paniquant notre gradé, un sergent a voulu nous entraîner à l’opposé de notre chemin ce qui nous aurait perdus définitivement. Je me suis rebellé, ce fut critique, le sergent n’acceptant pas mes arguments et aveuglé par la panique devenait violent. Un caporal-chef a calmé le jeu. Nous avons rayonné en étoile à partir de là où nous étions et nous avons retrouvé notre chemin après de longues recherches.


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