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Aventure en Guyane
à l’époque où la jungle était intacte

10 ans de vie de Robinson en Guyane à une époque ou la Jungle était encore intacte et témoignage sur sa destruction.

Le mendiant de l’Eldorado

De Cayenne aux Andes de Jules Crevaux, un des plus grands explorateurs que l’Amazonie a connu.

Article mis en ligne le 2 juillet 2016

par Vincent Eblinger
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Un de mes livres préférés d’explorateurs de l’Amazonie, mais aussi toutes catégories confondues. Crevaux est mon héros ; c’est un surhomme : il parcourt en quelques années plus de 12 000 km en Amazonie... pieds nus, à la locale ! Et, plutôt que de s’encombrer de beaucoup de matériels, il pense qu’une expédition dans ce milieu doit se faire en harmonie avec le milieu, à l’instar de ses habitants : il part donc seul, avec très peu de matériel, accompagné de quelques Indiens. Pour lui, trop de logistique tue l’expédition. Et puis, à la fin du XIXe, il n’a pas les moyens modernes dont on dispose aujourd’hui que ce soit au niveau médical, préventif, secours, équipements, orientation... ce qui ne l’empêche pas de continuer jusqu’au bout malgré les souffrances, la maladie, la fatigue et les difficultés inhérentes à son choix de voyage. La prise en compte de ces éléments rend ses aventures encore plus remarquables, compte tenu de l’époque.

C’est à Jules Crevaux qu’on doit la découverte du curare encore utilisé aujourd’hui en médecine. Accompagné de quelques Indiens et de son fidèle Apatou, il avance au gré des fleuves et rivières, traverse les Tumuc Humac, entre deux crises de palu (il s’efforce de ne pas le montrer aux Indiens qui l’accompagnent, car s’ils s’en rendaient compte, ils l’abandonneraient de suite) et sillonne le bassin amazonien pour en dresser la cartographie, étudier les tribus, relever les espèces de faune et de flore et rapporter des tonnes de relevés topographiques, de descriptions, d’échantillons, de plantes, de graines, d’objets artisanaux...aux musées européens.

Car à l’inverse d’autres, Crevaux ne se contente pas de l’exploit sportif ou aventurier : il est curieux de tout, s’intéresse à tout, va à la rencontre des Indiens (il voyage sans arme, estimant que c’est le mieux pour créer des liens pacifiques avec les autochtones, ce qui le mènera à sa perte, dans le chaco, quelques années plus tard, où il sera massacré par les terribles Indiens Tobas) et surtout, n’affabule pas à l’instar d’un Carvajal, Walter Raleigh ou encore Percy Fawcett. Il reste humble, respectueux et décrit ce qu’il voit de son mieux, toujours avec honnêteté, dans un style agréable avec parfois des teintes d’humour. Et bien que le type même des expéditions qu’il décrit soit un peu redondant (après tout, on retrouve souvent le concept de la progression sur un fleuve entouré de forêt), on ne se lasse jamais de son récit.

Le livre contient deux expéditions et il n’y a qu’à examiner une carte pour se rendre compte de la distance parcourue... :

- Maroni - Jari - Amazone (Crevaux est le 1er Européen à réaliser cet exploit),

- Oyapock - Parou - Amazone.

Il est également à l’origine du livre "en radeau sur l’Orénoque " qui sera son dernier, disparaissant quelques années plus tard. Arthur Thouar montera alors une expédition qui partira à sa recherche, et donnera naissance au livre "à travers le grand chaco". (Tous aux éditions Phébus).

Ma bible !

Éditeur : Phoebus - 416 pages
Collection : D’ailleurs


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