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Aventure en Guyane
à l’époque où la jungle était intacte

10 ans de vie de Robinson en Guyane à une époque ou la Jungle était encore intacte et témoignage sur sa destruction.

La raie d’eau douce
Potamotrygon hystrix, orbignyi et marinae

La Guyane compte trois variétés de raies d’eau douce. Dangereuses, elles possèdent un dard redoutable. C’est également un poisson apprécié pour sa chair.

Article mis en ligne le 26 juin 2016

par Christian Voillemont
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Potamotrygon hystrix, orbignyi et marinae

Entre les raies de mer et d’eau douce, on compte une dizaine d’espèces de raies en Guyane. Nous oublierons les raies de mer pour ne parler que des raies d’eau douce. Lors des remontées de fleuve, de crique, il faut souvent descendre dans l’eau pour tirer ou pousser l’embarcation et le risque de mettre un pied sur une raie est réel. On la retrouve dans tous les cours d’eau, du plus petit au plus grand, même très au Sud, en tête crique. Elle adore se cacher sur les bancs de sable où elle s’enfouit partiellement ou dans la vase. J’en ai même vu posée sur des roches plates dont elles prenaient la couleur. De la tombée de la nuit et jusqu’au lever du jour, elle aime se rapprocher du bord et peut se retrouver dans très peu d’eau. La raie n’est pas agressive mais elle ne supporte pas de se faire piétiner. Son mimétisme étant parfait, on ne la voit pas et le risque qu’elle représente est important. Si elle se sent en danger d’être piétinée ou si elle est blessée ou pêchée, elle va vous fouetter avec sa queue. Elle possède un ou de plusieurs dards barbelés fixés à la base de la queue. Ces dards de 4 à 6 cm tombent de façon spontanée et sont remplacées deux ou trois fois par an. Le dard apparaît comme un cône d’ivoire recouvert d’émail. La queue de ces raies d’eau douce est recouverte d’un mucus extrêmement toxique produit par les cellules de la peau. Les blessures qu’elle inflige sont très douloureuses voire parfois mortelles selon les endroits atteints. Extrêmement douloureuse, l’envenimation reste souvent localisée et évolue le plus souvent en nécrose des tissus inoculés. Le venin serait principalement composé de sérotonine. Le venin serait thermolabile et l’on soigne les piqures de raies dans certains dispensaires avec un appareil diffuseur de vapeur d’eau pour favoriser l’inactivation du composant thermolabile du venin (Piqûre de raie tropicale du Maroni Fabio Ruggieri a , Adoum Tordina a , Michel Joubert ba Centre de Santé de Maripa-Soula, Guyane française). La majorité des accidents ont lieu en saison sèche. Des décès surviennent régulièrement dues à des lésions profondes au cou, tête, abdomen ou suite à des surinfections.

De nombreuses recettes miracles pour soigner les piqûres de raies existent. Chacun a sa théorie et souvent aucune pratique. Pour moi, éviter absolument de se faire piquer, est la seule vraie solution-miracle. Comment faire ? C’est simple. Il faut toujours fouiller le sable avec la pagaie ou avec un baton avant d’y mettre le pied. Il faut mettre le bâton suffisamment loin des chevilles pour ne pas être frappé en cas d’attaque. La raie, animal pacifique, s’éloignera sans problème de votre chemin si elle vous entend venir. Quand on marche dans le sable, on marche lentement en labourant le sable avec le pied. Ne pas tenter le diable en batifolant sur les plages de nuit et être tres prudent en cas de capture de raie à la pêche. On coupe d’abord la queue puis on discute... et surtout on ne met pas le pied par inadvertance sur la queue coupée ! Le dard traverse sans peine une botte. J’ai fait des milliers de km sur des fleuves, criques, sans être piqué. Ces simples précautions sont efficaces et vous éviterons de gros soucis. Les adultes font jusqu’à 80 cm de largeur et le poids maximal observé est d’environ 15 kg !

Elles sont pêchées pour leur chair savoureuse un peu partout en Amérique du Sud. Les dards de la raie étaient employés par les Indiens pour faire des pointes de flèches destinées à la chasse du couata.

Que faire en cas de piqûre de raie d’eau douce ?

Les soins traditionnels pratiqués par les Indiens, les bonis consistent à mettre le membre atteint dans une eau chauffée au feu de bois. Attention de ne pas faire plus de mal que de bien. Les pieds peuvent supporter des températures jusqu’à 50 degrés. Trois secondes de contact avec une eau à 60 degrés sont suffisants pour occasionner une brûlure au troisième degré. Alors prudence. La victime ne sera pas en état d’évaluer elle-même la température du bain. Il devra être préparé et testé par un tiers. L’eau devrait être aussi chaude que possible, sans dépasser 40°C et le bain devra durer au moins 20 minutes.
certains documents médicaux (voir les liens) préconisent 45 degrés mais attention, le risque de brulure est réel en cas de mauvaise évaluation de la température.
À cela, il faut ajouter une désinfection soigneuse de la plaie avec le retrait de tout corps étranger comme par exemple les éventuels fragments de la membrane recouvrant le dard.

L’exposition à une chaleur, flamme de cigarette ou autre n’est pas efficace.

L’idéal est d’aller au plus vite au dispensaire en cas de piqûre grave et de complications.

L’ASPAG conseille de :

  1. chauffer la piqûre (venin détruit à la chaleur) par eau bouillante versée sur une serviette (ou dans une vessie) mise en contact
  2. désinfecter localement et antibiotique à avaler (Augmentin)
  3. calmer la douleur (pas d’aspirine mais Efféralgan ou Doliprane ou Diantalvic)
    Source : Prévention à l’usage du kayakiste en Guyane

Quelques documents à consulter :

ENVENIMATIONS PAR POISSONS TROPICAUX : ASPECTS CLINIQUES ET THERAPEUTIQUES

Anecdote : Opération survie à Belizon

Lorsque j’étais au 9 ième Bima, en 1979, nous avons fait le stage FES puis le CEFE 9. Nous avons appris tous les rudiments de la vie et de la survie en forêt.
Pour valider tout cela, nous devions faire trois jours de survie en forêt à Bélizon.

Livré à nous même nous devons survivre. Ce n’est pas pour me déplaire, au contraire !
Je me suis construit un camp de Robinson, avec un lit de jungle surélevé, un abris en feuille de palmier pour la pluie.
Il fallait manger, une vraie partie de camping.... des vacances. Pour moi du moins, car pour beaucoup ce fût une dure épreuve.

Nous trouvions des insectes, mais ils ne sont pas trop dans nos habitudes alimentaires, à garder pour les cas extrêmes, des coeurs de palmier excellents, mais pas très nourrissants et diverses plantes comestibles, mais en trop petite quantité pour nous dix. Par contre, les poissons grouillaient. Il nous fallait les attraper avec des pièges primitifs faits en matériaux forestiers.

Je pensais pêcher l’aïmara. J’ai donc bricolé une ligne avec ce que j’avais sous la main , mis comme appât un bout de lézard attrapé à la main et quelle ne fût pas ma surprise en sortant de l’eau une magnifique raie ! Magnifique mais dangereuse. Sa queue est ornée d’épines et de dards et d’un venin extrêmement toxique. La piqûre est dangereuse et peut infliger des blessures graves. Je coupais donc la queue… Aucun de mes camarades ne voulait en manger par crainte de s’empoisonner. Je la fit cuire puis certains goûtèrent et elle fut dévorée… D’autres suivirent, puis des aïmaras… Et la survie se transforma en camps culinaire sauf pour moi qui ne mange pas de poisson…

Potamotrygon orbignyi

Source : wikimedia commons, auteur : Claire Powers from Fairfax, VA, USA

Potamotrygon histrix

Source : wikimedia commons, auteur : Jim Capaldi from Springfield, USA


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